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 Mairenn Boadach.

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Mairenn Boadach

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Messages : 6
Date d'inscription : 26/01/2008

MessageSujet: Mairenn Boadach.   Sam 26 Jan - 7:11

    MAIRENN BOADACH
    Fiche #... (à ne pas modifier)

    J’étais assise. Un courant d’air passa rapidement au travers de mes cheveux emmêlés qui tombaient lâchement dans mon dos. Les portes-fenêtres près de la table étaient ouverts et l’air chaud de juillet allait et venait à sa guise pendant que l’on mangeait en silence. Le bruit des ustensiles sur les assiettes résonnait dans mes oreilles et me faisait enrager.

    C’était l’été passé, Aisling allait bientôt avoir 5 ans et j’en avais encore 34. Je venais d’apprendre que j’étais enceinte de nouveau et j’étais tout simplement excitée à cette idée. J’adorais tellement ma petite fille déjà, c’était mon trésor, toute ma vie et je l’adorais, petite puce. J’adorais les enfants en général, je me sentais comme eux. Je m’asseyais parfois à Hyde Park avec Aisling et on parlait et inventait des histoires pendant toute la journée. Edmund, mon mari n’était pas très content par contre lorsque l’on revenait à la maison pour le dîner. Il se plaignait tout le temps celui-là. Il disait constamment qu’il travaillait pour nous faire vivre et que nous pour le remercier on allait se raconter des histoires. Il m’était toute la faute sur moi, évidemment, il ne pouvait pas accuser notre petite fille de 4 ans qui ne comprenais pas ces choses de grands. Pourtant, ces histoires étaient chères à nos yeux, qu’importe ce qu’il pouvait dire.

    « Maman ?
    - Oui Trésor ?
    - Je peux sortir de table ?
    - Bien entendu trésor, tu peux aller jouer dans le jardin, mais ne dépasse pas les limites. Tu connais les limites ?
    - Oui maman. »

    Elle me fit un sourire et s’enfuit en dansant par les portes-fenêtres. Je la vit courir dans la cour et aller s’asseoir au travers des marguerites du jardin. Je pouvais entendre une légère mélodie sortir d’entre ses lèvres, mais elle n’osait pas chanter plus fort.

    « Elle deviendra folle, comme toi. »

    Je ne dis rien, le vent siffla dans les rideaux de dentelle jaune. Comment pouvait-il dire quelque chose de la sorte ? J’avais abandonné mes parents que j’adorais et mon frère pour venir avec lui à Londres lors de mes 25 ans et maintenant il me traitait ouvertement de folle comme l’on parle du beau temps. Je n’avais tout simplement pas envie de répondre à cette insulte à peine dissimulée. Je souhaitais que ma fille est une relation avec moi comme j’en avait eu une avec ma propre mère. Je lui faisais confiance et elle me faisait confiance, aussi jeune était-elle. Je savais qu’Aisling avait peur d’Edmund. Peut-être ne s’en rendait-il pas compte, mais elle ne parlait que peu lorsqu’il était présent et ne lui adressait pas directement la parole. Il n’était pas si violent et n’avait pas de problème de colère, mais elle ne lui faisait pas confiance. Pourtant il était si doux et gentil quelques années auparavant. Je n’avais aucune idée de ce qu’il l’avait changé. Avant il pouvait rire avec moi, l’on chantait et l’on se promenait en inventant des histoires sur les personnes qui passaient près de nous. Maintenant, il était sérieux, il ne riait pas et dès qu’il revenait de travailler il mangeait et dormait. En fait je ne voulais pas vraiment savoir ce qu’il avait, je n’en avais rien à foutre. S’il se cachait derrière quelqu’un qu’il n’était pas, s’était son plus gros problème et non le mien. Peut-être qu’il était devenu plus mature et que je lui faisais honte, il ne sortait plus avec moi, il travaillait, travaillait et travaillait. C’était pour notre bien, mais il ne pensait plus à nous.

    Je pris avec vitesse mon assiette et lui lança avec force. Aussi simplement que ça. Il l’évita de justesse et elle alla éclater en morceau contre le mur jaune fade derrière lui. La salade et les haricots qui coloraient mon assiette étaient maintenant éparpillés sur la table et sur la chemise blanche de mon mari. Ses yeux bleus étincelants me regardèrent un moment avec un regard interrogateur et ensuite cela se changea en indifférence. Je n’avais même pas remarqué qu’Aisling avait arrêtée de chanter et nous regardait avec peur. Mes mains se posèrent à ma tête et je tortillai des mèches rudes entre mes doigts.

    « Mairenn .. Mairenn. On ne fait pas ça. Tu pensais c’est tout. On ne lance pas d’assiettes Mairenn, qui t’as appris à faire ça ? Où as-tu été élevée. On ne lance pas d’assiettes Mairenn. »

    Je murmurai à moi-même et je balançai ma tête lentement de gauche à droite. J’avais les yeux grands ouverts mais je ne voyais plus rien. Je fermai les yeux d’un seul coup et secouai la tête de plus en plus vite.

    « Mairenn … Mairenn. Il va partir maintenant, il va partir. Il n’a rien fait. Non il m’a traité de folle. On ne me traite pas de folle… mais on ne lance pas d’assiette. Mairenn. »

    Je chuchotais, je ne savais pas s’il pouvait m’entendre, j’avais les yeux fermés, les mains dans les cheveux, nerveuse, je commençais à trembler. Je n’entendais rien et tout commençait à tourner de plus en plus vite. Les dernières lumières de la journée créaient des taches rouges sur mes paupières et j’en avais peur tout d’un coup.

    « Maman … MAMAN !
    - Aisling … Aisling … »

    J’ouvris les yeux et ma fille était là. Je la pris dans mes bras et enfoui ma tête dans son petit cou minuscule, ses longs cheveux noirs se mélangeant aux miens. Le soleil se couchait lentement et Edmund n’était plus là, il était peut-être parti sans faire ses valises, je n’en avais rien à foutre. Il me pourrissait la vie. Je venais de décider qu’il me pourrissait la vie. J’arrêtai de trembler alors qu’un des derniers rayons de la face jaune m’éclatait au visage.

    « J’ai envie d’une crème glacée Trésor. Tu as envie d’une crème glacée ?
    - Oui maman, j’aime aller manger des crèmes glacées. C'est tout bon et c'est tout froid, tu sais.
    - Alors c’est ce qu’on va faire. »

    Je la posai sur le sol et la prit par la main. Je replaçai une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille. J’aurais voulu qu’on puisse tout simplement marcher, main dans la main, vers une nouvelle vie. Elle me souriait, elle ne comprenait pas. Elle était jeune et avait encore l’innocence magique des enfants. Je me demandais ce qu’elle pouvait penser de moi en ce moment même. Elle me regardait fixement. J’avais l’impression qu’elle détaillait mes cheveux auburn et peignés un peu à la hâte, mes yeux tristes et bruns, mon nez pointu et ma large bouche étirée en un sourire quelque peu forcé. Je portai cette journée là un corset noir recouvert par un châle rouge qui pendait le long de mes bras et des pantalons qu’on pouvait retrouver au magasin du coin en rabais. Je n’étais pas le genre de personne pour se maquiller pendant des heures et acheter les dernières nouveautés mode de la saison. Je me peignais comme bon me semblais le matin, sans même me brosser les cheveux le plus souvent et je portais les vêtements qui me tombaient sur la main. Enfin, je n’étais pas tout le temps comme ça. J’étais une dame de contraste, je vivais selon mes émotions et lorsque j’allais très bien, ce qui n’était pas arrivé depuis un moment, je pouvais aussi bien me maquiller comme il le fallait et enfiler une robe de soirée pour aller faire l’épicerie. J’étais avant tout quelqu’un qui se fichait de ce que les autres pensaient.

    Et ma petite fille elle, ma Aisling. Elle était là, devant moi, sa petite main dans la mienne, ses yeux bruns encore posés sur mon visage. Elle avait un petit visage rond, un nez pointu comme moi et un air d’enfant évidemment. J’avais l’impression qu’elle venait d’un autre monde, qu’elle vivait dans un autre monde, et heureusement puisque le notre était tellement cruel.

    « Allons, je prend ma bourse et on va acheter cette crème glacée. »

    Je lâchai sa main alors que les miennes se portaient encore une fois à mes cheveux. Je cherchai tout autour pour trouver mon sac à main et lorsque je trouvai du regard le sac jaune, un soupir se fit entendre. Je le pris rapidement et emmena mon trésor avec moi jusqu’au coin de la rue ou un marchand de glace ambulant était installée depuis une semaine au moins. Je n’avais pas barré la porte de la maison, mais à quoi bon ? Il y avait tout de même une petite ligne d’attente devant le kiosque.

    « Qu’est-ce que prendra comme crème glacée trésor ?
    - Toi ?
    - Moi ? Je n’en sais vraiment rien… »

    Je regardai les panneaux décrivant chaque saveur, le doigt sur le bout du menton avec un air songeur. Je posai ensuite mon regard aux gens qui attendaient. Juste devant attendait un vieux monsieur, je lui tapotai sur l’épaule.

    « Monsieur, que prenez vous comme saveur de crème glacée ?
    - Moi ? et bien je prend toujours aux pistaches.
    - Toujours ? Pourquoi donc, vous ne vous tannez pas du gout ?
    - Non, c’était la saveur préféré de ma femme.
    - Ce n’est plus sa saveur préférée ?
    - Non elle est partie il y a de ça 5 ans.
    - Oh, et bien dites-vous qu’elle est dans un endroit peut-être meilleur. Je suis la personne la plus pessimiste des environs, mais je me dis qu’il ne faut peut-être pas avoir peur d’une situation que l’on ne connait pas, peut-être est-ce mieux. Je suis certaine qu’elle sait, où qu’elle soit que vous manger toujours la saveur qu’elle préférait et je suis sure que ça la touche. Avez-vous des enfants ?
    - Euh .. Oui, oui. Trois enfants.
    - Et bien en plus, votre femme vit, elle vit au travers de vos trois enfants, vous le saviez ça j’espère ? »

    Il ne répondit rien mais hocha la tête avec un sourire. Je lui souris à mon tour et me retournai vers Aisling qui me regardai.

    « Alors... On ne sait pas plus ce que l’on va prendre, non ?
    - Je prendrai chocolat, moi maman.
    - À le classique chocolat pour les petits enfants.
    - Qu’est-ce que tu prends maman ?
    - Moi ? Pistaches. »

    Après avoir passé un moment avec ma fille dans le parc près de chez nous, nous rentrâmes à la maison et toutes les affaires d’Edmund avaient disparues. Aisling ne dit rien à propos de cela, nous n’en avons même pas encore parlé en fait. Il fût plutôt oublié selon moi, mais j’ai encore cette attitude perdue et stressée depuis qu’il n’est plus là.


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Mairenn Boadach

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MessageSujet: Re: Mairenn Boadach.   Dim 27 Jan - 1:37

    La présentation est complétée
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Madison O. Wilde
Fondatrice
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Messages : 265
Date d'inscription : 05/01/2008

MessageSujet: Re: Mairenn Boadach.   Dim 27 Jan - 12:27

    SUPERBE FICHE. VALIDE

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    She was just another conquest
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