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 jake wakefield. version deux.

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Jake Wakefield

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Messages : 123
Date d'inscription : 20/01/2008
Age : 26

MessageSujet: jake wakefield. version deux.   Sam 9 Aoû - 1:41

JAKE W.
a few months later.











    09 mars 2008.


La musique ne cessait pas. Jake était dans une boîte de nuit avec des amis, ou plutôt des connaissances, camarades de classe qu’il avait découverts quelques mois après la disparition d’Aaron. Certaines filles avaient en effet semblé trouver que la solitude lui allait mal et qu’il ferait mieux de venir avec elles, qu’il valait mieux pour lui qu’il se console dans leurs bras. Sans doute avaient-elles raison : c’est ce qu’il se dit après un certain temps, et cela expliquait sa présence, avec des personnes qui a priori n’auraient jamais été près de lui en temps normal, dans un lieu qu’il aurait fui comme la peste en temps normal. Mais les temps n’étaient pas normaux, justement : Aaron n’était plus là.

Accoudés au comptoir, Jake et ses acolytes – car ils étaient devenus en très peu de temps ses acolytes et lui le chef de file d’un groupe assez populaire – négociaient avec le barman le droit de boire des choses alcoolisées. Autrement dit, Jake était devenu le parfait petit adolescent bourgeois, ridiculement porté vers un semblant de débauche, pathétiquement lancé sur les pistes de danse par un groupe d’amis douteux. Les minutes se succédaient et le barman ne cédait pas, jusqu’à ce que Jake propose quelque chose d’alléchant : un échange (non, Jake n’avait toujours pas arrêté ces choses). Il obtint tout ce qu’il souhaitait et sa victoire fut célébrée par ses amis en délire. Incroyable, ils allaient boire des cocktails alcoolisés. Seul Jake paraissait blasé. Mais ils s’étaient depuis longtemps habitués à cela, habitués à ne plus attendre de sourire de sa part, habitués à son visage à la fois impassible et mélancolique, habitués à lui, tout simplement.

« tu viens danser ? »

La jeune femme se trémoussait déjà devant lui avec un sourire terriblement séduisant. Et Jake n’avait jamais su s’y prendre avec les femmes, ou plutôt non, Jake n’avait jamais su s’y prendre pour refuser une femme. Il était ce que l’on appelle un homme facile, ou peut-être un homme à succès – questino de vocabulaire. S’éloigner sur la piste de danse fut plus facile que ce qu’il craignait et bientôt le duo se déplaçait sur le même rythme, le même tempo, les battements de leur cœur s’accélérant à chaque nouveau baiser, à chaque nouvelle caresse. Et ainsi de suite. Vous connaissez la chanson.

Voilà à quoi Jake occupait ses samedis soirs, maintenant. Il n’allait plus dans ces bars étranges, où l’on rentrait facilement en transe, où le patron le connaissait et savait ses manies dans les toilettes, où les femmes le lorgnaient du regard sans cependant oser le voir, où les boissons alcoolisées filaient comme du soda, où on fumait tant de choses que c’était un véritable orage dans la pièce. Non. Jake savait qu’il n’y avait plus personne pour le sauver s’il lui arrivait malheur dans ces lieux-là, alors Jake s’était trouvé des personnes et des lieux où il n’aurait pas besoin d’être sauvé. Jake avait changé de repaire. Jake s’efforçait de vivre. Car après tout, il s’agissait seulement de cela : exister sans lui.





    10 mars 2008.


Jake leva les yeux vers son calendrier. Celui-ci affichait une date, la même qu’hier, ou presque, un jour de plus – qu’est-ce que cela pouvait bien changer, puisqu’Aaron n’était plus là ? On était le 10 mars 2008. Il était parti depuis longtemps. L’avait-il abandonné ? Non, sûrement pas, mais cela importait peu, maintenant. Son regard parcourut la pièce, calmement, avec une lassitude qui lui avait été propre ces derniers temps : le sentiment de solitude était passé, mais au réveil, il y avait à chaque fois la même déception, le même soupir, la même prise de conscience qui faisait souffrir, qui piquait et poinçonnait son cœur. Aaron n’était plus là. Il se leva néanmoins, après quelques instants de mutisme immobile, et alla se faire un café (ou comment bien démarrer une journée). Ce qu’il alluma avec n’était pas une cigarette mais qu’importait ? Aaron n’était plus là.

Tout se fondit ensuite dans la réalité toujours si frustrante du quotidien : il fallait s’habiller, avec les quelques vêtements que le sol de sa chambre offrait, ébouriffer vaguement ses cheveux après un regard dans le miroir, et puis partir à l’improviste, déjà cinq minutes en retard pour les cours. Courir n’aurait servi à rien puisqu’évidemment, il allait déjà être recalé pour la première heure. Aussi marchait-il, ce jour-là encore, avec la musique dans les oreilles. Il n’écoutait plus Mistral Gagnant : Jane ne voulait plus le voir. Deux personnes en moins, les seules qui avaient compté dans sa vie.

Mais toute la lassitude, tout l’ennui, tout, en réalité, devint brume et perdit de l’importance une fois qu’il eût pénétré dans l’enceinte du lycée. Il tenta d’aller en cours, mais bien entendu, on l’envoya à la bibliothèque (ce qui, étrangement, l’amenait jusqu’au foyer). Il s’installa là-bas, et, comme d’habitude, se posa avec une clope et son MP3 jusqu’à ce qu’il soit obligé de cesser. Quelque chose n’allait pas : un groupe d’élèves, à côté de lui, qui parlaient d’ailleurs un peu trop fort à son goût, venait de prononcer le mot de « disparition ». Jake leur jeta d’abord un regard noir – comment osaient-ils remuer un passé dont ils ne savaient rien et qui blessait chaque matin un peu plus le jeune homme ? – mais il fut surpris d’entendre un nom auquel il n’avait pas encore attaché les disparitions : Robyn Wilde. Ses yeux allèrent aussitôt sur le mur, tandis qu’il écoutait attentivement les racontards.

« ouais, paraît même que naomi n’a pas remis les pieds en-dehors de chez elle, depuis. »
« non, jure ! j’ai toujours su qu’elles avaient quelque chose à voir dans ces disparitions, les sœurs. avec autant de liens entre les victimes et elles, on ne pouvait que s’en douter. »
« oui, mais de là à ce que robyn disparaisse aussi ! »


Les garçons hochèrent de la tête et Jake posa lestement ses yeux sur eux : il avait donc bien entendu ! Il y avait une nouvelle disparition et c’était Robyn qui en avait été la victime. Ses yeux s’écarquillèrent légèrement. Après autant de temps ? Qu’avait-elle bien pu faire pour en arriver là ? Qui pourrait le renseigner ? Y avait-il une chance que cela précipite le retour d’Aaron ? Ou est-ce que cela voulait dire l’exact contraire ? Les questions défilaient dans sa tête. Les adolescents s’impatientèrent rapidement.

« oui ? »

Ils ne disaient rien de plus car n’osaient pas l’insolence avec quelqu’un de terminale. Et puis, il fallait dire que beaucoup cherchaient à se mettre Jake dans la poche – après tout, c’est vrai, ce type avait tout pour lui : belle gueule, popularité, et puis passé d’un poète torturé (orphelinat, drogue, appartement pour lui tout seul dès sa jeunesse, et ainsi de suite). Vous comprenez donc mieux les regards un peu de chiens émerveillés devant les prouesses de leurs maîtres. Ils attendaient d’être utiles.

« est-ce qu’on a le moindre indice sur la disparition de robyn ? »
« ouais, enfin c’est ce que soupçonne jerry, mon grand frère. il m’a dit que les wilde étaient des filles bizarres et qu’il valait mieux en rester éloigné, si tu vois ce que je veux dire. »

Jake ouvrit légèrement les yeux. Il n’avait pas beaucoup de relations avec les Wilde, et c’est vrai que c’était un peu de leur faute – en tout cas d’après tout le monde – s’il y avait eu des disparitions, mais cela n’empêche pas que les critiques de ce genre, faite sur des idées reçues et des préjugés à la con, lui déplaisent particulièrement.

« tu diras à ton frère que c’est un crétin. et merci pour le reste. »

Il se leva et sortit du foyer aussitôt. Il était temps de mener son enquête. Car autant vous dire qu’il avait beau se la jouer populaire et tout le tintouin, cela ne l’empêchait pas de désirer plus que tout au monde le désir d’Aaron. Grâce à lui, il pourrait sûrement redevenir lui-même. Tout serait comme avant. Ou presque. Du moins était-il prêt à tout pour le faire revenir.
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